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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 14:01

Les récits sur les réfugiés nord-coréens - qu'ils prennent la forme d'un livre ou d'un film - obéissent souvent au même schéma narratif : l'enfer en Corée du Nord, le purgatoire en Chine, la liberté en Corée du Sud. Cette trame caricaturale est le fruit, notamment, d'une lourde intervention des services secrets sud-coréens, ainsi que de multiples acteurs qui y trouvent leur intérêt (certaines églises, des activistes d'extrême-droite liés au capital sud-coréen et qui utilisent les réfugiés comme briseurs de grèves), afin de valider le politiquement correct, en n'hésitant pas, le cas échéant, à travestir la réalité. Dans ce contexte, avoir des témoignages honnêtes, sans parti pris, est un défi qu'a relevé avec succès le film documentaire (1h11) de Jero Yun Madame B, histoire d'une Nord-Coréenne, qui sera montré aux 31e Entrevues  de Belfort / Festival international du film, qui se déroulera du 26 novembre au 4 décembre 2016.

"Madame B, histoire d'une Nord-Coréenne" : un film émouvant de Jero Yun au Festival international du film de Belfort

Comme beaucoup d'autres Nord-Coréens, Madame B. a quitté son pays, la République populaire démocratique de Corée, dans le contexte de la sévère pénurie alimentaire qui a le plus durement frappé la RPDC entre 1992 et 1998. Elle est sortie clandestinement, a été vendue à un paysan chinois avant de devenir passeuse à son tour. Pour retrouver à tout prix ses enfants elle est allée en Corée du Sud.

Son témoignage émouvant, dépouillé du sensationnel des grands médias, entrant en conflit avec la vision formatée des services secrets sud-coréens (qui n'ont pas aimé le film), a été mis en images par Jero Yun, et sortira en film en février 2017. Le Festival international du film de Belfort propose une avant-première le 2 décembre à 18h30, et sera suivie d'une rencontre avec un représentant de l'Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (ACID), Elisabeth Perlié (distributrice) et Marie-Pierre Brétas (Hautes Terres), réalisatrice membre de l'ACID.

Jero Yun a eu de nombreuses difficultés pour rencontrer des Nord-Coréens, avant de décider d'aller à la rencontre des réfugiés là où ils sont le plus nombreux, en Chine. Son film documentaire, produit par Zorba Productions, est criant de vérité et de justesse, et doit être vu pour tous ceux qui veulent comprendre le choix douloureux fait par les réfugiés nord-coréens, loin des clichés et des discours instrumentalisés.

Source :

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 17:52

Le cinéma d'art et d'essai dijonnais Eldorado propose à l'affiche cette semaine un long-métrage coréen qui touche au sublime : thriller psychologique teinté d'érotisme, Mademoiselle de Park Chan-wook adapte le roman Du bout des doigts (Fingersmith) de la Galloise Sarah Waters,  qui se situe à l'époque victorienne, dans le contexte de la colonisation japonaise de la Corée, en développant des portraits hallucinants au sein d'une relation triangulaire entre la servante, sa patronne ("Mademoiselle") et des escrocs. Un film à découvrir absolument.

"Mademoiselle" de Park Chan-wook au cinéma Eldorado

C'est l'histoire d'un film retenu pour la Palme d'or au Festival de Cannes mais qui n'entre pas dans les catégories que prime le jury, jouant avbec brio du mélange des styles. Park Chan-wook aborde aussi des thématiques politiques et féministes qui expriment, de l'aveu même du réalisateur, un sentiment de culpabilité de n'avoir pas participé aux combats pour la démocratisation de la Corée du Sud dans les années 1980.

Plus que les avis de critiques, ce commentaire d'un spectateur laissé sur Agoravox témoigne de la réussite esthétique et psychologique qu'atteint Mademoiselle :

Le scénario est complexe et peut perturber le spectateur avec cette narration en 3 parties suivant le regard de la servante et celui de "Mademoiselle".

Mais comment ne pas se laisser porter par ce drame romanesque qui allie à la perfection de nombreux styles, du thriller à l'érotisme, tout cela dans des décors et des images absolument sublimes.

"Mademoiselle" bouleverse les sens du spectateur par son esthétisme, son érotisme et son exotisme. C'est un véritable choc émotionnel à tout point de vue.

Après avoir visionné ce film je ne savais plus si je sortais d'une salle de cinéma ou bien si je venais de me réveiller après avoir fait un rêve des plus troublants.

Horaires au cinéma Eldorado du 2 au 8 novembre :

Mer, Sam: 11h30 | 20h00
Jeu: 11h30 | 15h30
Ven, Mar: 15h30 | 21h45
Dim: 17h50 | 20h00
Lun: 15h30 | 20h00

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 20:31

Le cinéma indépendant dijonnais Eldorado renoue avec la filmographie coréenne : est actuellement à l'affiche Strangers de Na Hong-jin. Nous reproduisons ci-après la présentation du film par l'équipe de l'Eldorado.

"The strangers" de Na Hong-jin au cinéma Eldorado

On avait beaucoup aimé Chaser, le premier long de Na Hong-jin, à base de tueur en série et de marteau. Avec The Strangers, le cinéaste n’a rien perdu en férocité mais a considérablement progressé au chapitre mise en scène, distillant habilement ses effets horrifiques mais surtout en variant les ruptures de rythme et en usant fréquemment d’humour dans des moments inattendus.
L’affaire commence un matin d’averse dans un village de montagne qui découvre qu’un meurtre épouvantable vient d’être commis par un des habitants. L’assassin aux yeux révulsés, en état de quasi catatonie, est inapte à tout interrogatoire et, au passage, recouvert d’une vilaine maladie de peau qui n’a rien de très naturel. L’un des policiers qui participe à l’enquête est convaincu que le village tout entier est la proie d’une malédiction poussant ses habitants à assassiner leur famille. Il faut dire que la fréquence des meurtres s’accélère, que de bien étranges créatures peuplent les forêts alentours et que lui-même est bientôt victime la désignée de la malédiction.
Il serait vain de tenter de raconter les péripéties de ce récit dense, impliquant de nombreux personnages secondaires. Pour autant, Na Hong-jin a eu l’intuition de confier le premier rôle à un pur antihéros : un flic débonnaire et un peu bedonnant, pas très courageux, naïf et donc, d’une vulnérabilité contagieuse pour les spectateurs. Alors, lorsque entrent en piste un vieil ermite japonais soupçonné de commander aux forces occultes, de paisibles artisans soudainement métamorphosés en tueurs sanguinaires, des êtres fantomatiques ou encore une gamine espiègle qui prend l’apparence d’une créature démoniaque, notre héros est vite dépassé par les événements. Dans ce contexte traditionnel de la Corée rurale, le cinéaste sait jouer des influences occidentales, on pense notamment au Shining de Kubrick ou à L’exorciste de Friedkin.

Film sud-coréen de Na Hong-jin (2016) 2h36, VOST.
Avec Kwak Do-Won, Hwang Jeong-min, Chun Woo-hee.


Horaires du 6 au 12 juillet
Mer, Sam, Lun, Mar: 15h15 | 21h00 Jeu, Ven, Dim: 13h00 | 17h00

 

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 20:48

Man on High Heels a reçu un triomphe au 8e Festival international du film policier de Beaune : le film de Jang Jin, qui sortira bientôt en France, a fait coup double en remportant, ce 2 avril 2016, le Grand prix du jury et le prix de la Critique.

Festival du film policier : Jang Jin triomphe avec "Man on high Heels"

Présidente du jury du festival, Sandrine Bonnaire a été transportée par le film :

Le film est ludique, fantastique. Il y a du rythme, de l’action. ll est riche, il est fou.

Le brio du film tient beaucoup au jeu de l'acteur principal Cha Seung-won, aussi à l'aise comme policier reconnu dans les homicides qu'en transsexuel. Comme l'observe Caroline Vié pour 20 minutes,

Réflexion sur le genre, comédie et film d’action, Man on High Heels a passionné tant pour sa thématique LGBT que pour des scènes d’action démentes, véritables ballets sanglants et brutaux. Ce polar transgenre ne ressemble à aucun autre !

Le film sortira dans les salles en France le 13 juillet prochain.

Sources :

 

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 21:17

En mars 2015, la septième édition du Festival international du film policier, qui se tient chaque année à Beaune, mettait à l'honneur la Corée. Pour la 8e édition du festival, du 30 mars au 3 avril 2016, un film coréen est à nouveau en compétition : Man on High Heels de Jang Jin.

"Man on High Heels" de Jang Jin au 8e Festival international du film policier de Beaune

Le film noir de Jang Jin Man on High Heels dépasse les seuls attendus du genre, autour d'une thématique de vengeance, mettant en avant un détective réputé spécialiste des homicides, Cha Seung-won, pour aborder la question des transgenres, à travers le personnage principal, dans un pays où les minorités sexuelles ne sont toujours pas acceptées par de larges pans de la société - nombre d'églises évangélistes en tête.

Avec ce nouveau film, le réalisateur émérite Jang Jin s'inscrit avec talent dans la tradition de la fimographie sud-coréenne qui dépeint avec réalisme la société contemporaine, sur la base de portraits d'une portée universelle.

Source :

 

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 21:31

Créé en 1986 à l'initiative de Janine Bazin, le festival international de cinéma EntreVues Belfort promeut le jeune cinéma indépendant en ayant aidé au lancement de jeunes cinéastes français et étrangers, primés lors de la compétition internationale qui distingue les fictions, les documentaires, les longs et les courts métrages. Les organisateurs fournissent des aides post-productions. Les rétrospectives mettent par ailleurs en valeur des auteurs reconnus. Pour la trentième édition, du 28 novembre au 6 décembre 2015, un des réalisateurs sud-coréens les plus connus, Bong Joon-ho, occupe le haut de l'affiche.

L'intégrale de Bong Joon-ho aux 30e EntreVues de Belfort

Pour la première fois en France, une intégrale sera consacrée à Bong Joon-ho, dans le cadre du festival international de cinéma de Belfort, avec onze films réalisés entre 1994 et 2013, depuis le court métrage White Man (18 minutes) jusqu'à Snowpiercer, Le transperceneige. Les 30e EntreVues seront notamment l'occasion de découvrir son premier long métrage (2000), Barking Dogs Never Bite, jamais diffusé en salles en France.

Après le captivant Memories of Murder (2003), plongée dans les tréfonds de la police coréenne, Bong Joon-ho est aussi l'auteur du magistral thriller fantastique The Host - dans lequel une créature monstrueuse naît de l'incurie de l'armée américaine, qui a rejeté des produits toxiques dans le fleuve Han qui traverse Séoul.

Auteur du catalogue de la rétrospective, Jean-Sébastien Chauvin souligne la virtuosité de Bong Joon-ho à traiter les différents genres :

 

Dès Memories of Murder, Bong Joon-ho va se servir des genres populaires comme d’un écrin à l’intérieur duquel il laissera libre cours à ses obsessions. Ainsi le burlesque, le thriller, le mélodrame, la science-fiction ou le film de monstres permettent au cinéaste de renouer avec les plaisirs primitifs du spectacle qui assureront systématiquement à ses films d’immenses succès au box-office sud-coréen. Le goût du sang et de la cruauté, la sentimentalité, le sens de la justice et du décorum, le plaisir du burlesque, du rire physique, brutal et grossier (autant d’archétypes de satisfaction des premiers spectateurs de cinéma définis par le critique d’art Erwin Panovsky), on les retrouve en effet dans la plupart de ses films, qui partagent avec ceux de Steven Spielberg (auquel on songe dans The Host) une manière innée de communiquer avec le public.

http://www.festival-entrevues.com/fr/retrospectives/2015/integrale-bong-joon-ho

Extrait de "The Host"

Extrait de "The Host"

Principale source :

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 20:21

Si le cinéma d'art et d'essai dijonnais Eldorado apprécie indéniablement le cinéma sud-coréen, les longs métrages de Hong Sang-soo sont plus particulièrement à l'honneur. Son dernier long métrage "Hill of freedom", avec Ryo Kase, Sori Moon, Young-hwa Seo et Eui-sung Kim, est actuellement à l'affiche. Nous reproduisons ci-après la notice du film sur le site du cinéma Eldorado.

"Hill of freedom" de Hong Sang-soo au cinéma Eldorado

Quoi de neuf du côté du Sud-Coréen Hong Sang-soo ? Toujours la même ivresse à tourner en rond au gré de rendez-vous manqués. Dans Hill of Freedom, Mori, un jeune Japonais en goguette à Séoul sur les traces d’une ancienne amante, Kwon, est décidé à la reconquérir. Chemin faisant, Mori rencontre une seconde jeune femme, Youngsun, tenancière d’un café, avec laquelle se noue une idylle.

Tout en séduisant Youngsun, Mori inonde chaque jour Kwon de missives amoureuses, correspondance sans réponse qu’elle découvre finalement à son retour et qui constitue le point de départ du film, quand on le rembobine.

Le seizième long métrage du cinéaste s’ouvre sur cette note dissonante qui en constitue la très belle idée, l’ordre du chapitrage suivant la lecture désordonnée de Kwon qui a mélangé les lettres et en a perdu une en chemin, pièce manquante du puzzle à partir de laquelle se dérobera peut-être le fin mot de l’histoire.

Cette nouvelle livraison annuelle – voire semestrielle en période prolifique – du Sud-Coréen accueille au casting le Nippon Ryo Kase, vu dans le dernier Kore-eda à Cannes et, chez les femmes, Moon So-ri (Youngsun), aperçue dans In Another Country, ainsi que Seo Young-hwa (Kwon), dont on sait déjà qu’on la retrouvera dans son prochain film.

Présenté à la dernière Mostra de Venise, Hill of Freedom tranche par sa brièveté (à peine plus d’une heure), sans passer par la case beuverie épicurienne avec vociférations afférentes et grands effondrements en forme de bilans autodépréciatifs. S’il retrouve le goût des zooms et des récits enchâssés, c’est pour mieux recomposer une nouvelle fois le triangle amoureux qui fait sa marque de fabrique. Le choix d’un phrasé anglophone, ordonnant des gags suscités par la différence culturelle, rappelle l’effet de décalage cultivé par In Another Country dans lequel Isabelle Huppert s’obstinait à demander à un maître-nageur hébété le chemin d’un introuvable «lighthouse».

Dans son film précédent, Sunhi (2014), un cortège de prétendants se pressait pour conquérir une jeune étudiante. Ici, le titre Hill of Freedom, du nom du café qui forme le point de rencontre stratégique du film, suggère un souffle épique, une invitation à la conquête. Or, ayant trop tergiversé, Mori se heurte à une union chaque jour reportée, effritement dont il finira par épouser la forme, se laissant progressivement aller à se lever de plus en plus tard dans la guest-house où il séjourne.

Ce récit épistolaire en voix off permet au cinéaste de rebattre à sa mesure les cartes d’une narration des intermittences du cœur, lesquelles viennent se substituer les unes aux autres sans totalement s’y superposer. La structure du scénario invite à en reconstituer la chronologie, d’abord, puis à mettre en doute le narrateur. En ce qu’il continue de déployer un art du récit au diapason d’infimes variations signifiantes, Hong Sang-soo procède selon une pure logique d’égarement puisque l’émotion de Kwon à la lecture des lettres de son ancien amant se trouve, elle aussi, sans cesse différée. Un credo du ressassement infléchi, parfois, par une forme de repli, dont on sort pourtant sensiblement grandi, voire exalté, et dont on ne se lasse pas. (Clémentine Gallot)

Cinéma Eldorado

21 rue Alfred de Musset - Dijon

 

Horaires des films (du 12 au 18 août) :

Jeudi, vendredi, lundi : 17h00

Dimanche : 20h15

Mardi : 14h00

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 18:15

Comme nous l'annoncions dans notre édition du 31 janvier 2015, la République de Corée (Corée du Sud) sera l'invitée d'honneur du septième Festival international du film policier, qui se tiendra à Beaune du 25 au 29 mars prochains (http://www.aafc-bourgogne.org/article-la-coree-a-l-honneur-au-7e-festival-international-du-film-policier-de-beaune-125461807.html). En attendant de découvrir des chefs d'oeuvre devenus des classiques du cinéma policier coréen, comme Memories of Murder de Bong Joon-ho (photo ci-dessous), nous reproduisons ci-après un article de Manuel Desbois, publié dans l'édition beaunoise du quotidien régional Le Bien Public le 20 mars dernier sous le titre : "L"invité : la Corée, du sang et des larmes".
 

    memories-of-murder_bong-joon-ho_festival-de-beaune.jpg

Absurde, violent et réaliste, le cinéma de la péninsule coréenne a explosé aux yeux du monde il y a une douzaine d’années. Le festival permet de replonger dans une œuvre où les histoires finissent souvent mal.

Âmes sensibles, s’abstenir. Le cinéma coréen du sud, qui a éclos en 2003 avec Memories of murder et Old boy , n’est pas à proposer aux enfants avant la sieste…

Reflet d’une société convertie au capitalisme en quelques années, au modèle économique vanté mais en pleine crise d’identité, le cinéma local a provoqué « la même excitation que l’arrivée des productions de Hong-Kong, dans les années quatre-vingt-dix », s’enthousiasme Yves Montmayeur. Ce journaliste, qui a travaillé dans la presse écrite, puis à la télévision aux côtés d’Elisabeth Quint, a réalisé en 2007 un documentaire intitulé Les enragés du cinéma coréen.

De l’action et de la réflexion

Parti seul avec sa caméra sur les traces de ces cinéastes prodiges, il a été témoin de « cette étincelle. Ils ont apporté un nouveau langage cinématographique. Un mélange de film d’action et d’auteur unique en son genre ». De fait, le spectateur est souvent ballotté au milieu des policiers corrompus, des gangsters, des prostituées et des laissés pour compte. Loin de se borner aux coups de pied retournés, le pays du Taekwondo sait divertir, sans se départir d’un fond sociétal, malgré les budgets importants, dignes de blockbusters internationaux. « C’est un cinéma d’action, mais il y a toujours un arrière-plan critique, politique, voire philosophique », affirme Yves Montmayeur.

A l’image de Park Chan-Wook, passé d’étudiant en philosophie à « Tarantino local », les réalisateurs coréens sont issus d’un milieu intellectuel et militant. « Le seul moyen de voir des films dans les années quatre-vingts, c’était les ciné clubs d’université. Une fenêtre sur le monde qui a créé une prise de conscience chez ces professionnels. D’ailleurs, ils se connaissent tous, se relisent entre eux… C’est un cinéma générationnel », décrit le réalisateur français.

Une crise identitaire

Leur point commun est également d’avoir vécu le passage de la dictature au système capitaliste. Un « miracle » économique qui s’est fait au détriment des traditions ancestrales locales, au contraire du Japon, toujours fier de son passé. Un manque que l’on retrouve dans le cinéma de la péninsule asiatique, avec des personnages perdus, sans repère.

Les héros sont incarnés par des acteurs impressionnants de nuances, toujours sur le fil. « Les acteurs coréens sont les plus demandés d’Asie, et sont synonymes d’un succès assuré au box-office », décrit Yves Montmayeur. Des comédiens notamment issus du « théâtre social », comme Song Kang-Ho et Choi Min-Sik, les deux stars de Memories of murder et Old Boy , qui se connaissent depuis longtemps, et occupent encore le haut de l’affiche dans de nombreux films asiatiques. Pour les amateurs de cinéma qui ne connaissent pas encore ces noms, un passage par les salles obscures de Beaune... s’impose.

Source : Le Bien Public http://www.bienpublic.com/edition-cote-de-beaune/2015/03/20/coree-du-sang-et-des-larmes?preview=true

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 00:38

Du 25 au 29 mars 2015, la ville de Beaune accueillera la septième édition du Festival international du film policier. Et cette édition mettra en valeur la République de Corée (Corée du Sud).

Bandeau_GrandPrix2014_FR.jpg


Pour tous les amateurs de cinéma, la Corée figure parmi les cinémas les plus créatifs d'Asie, tout en ayant assimilé le meilleur de la création occidentale. Dans ce cinéma réaliste âpre, flics et truands ont naturellement toute leur place, ce que n'a pas manqué de souligner Yves Montmayeur, dans une analyse figurant sur le site du Festival international du film policier de Beaune.

Spécialiste du cinéma coréen, Yves Montmayeur rappelle notamment que, dans la jeune démocratie sud-coréenne, les policiers zélés du régime militaire ne sont pas devenus du jour au lendemain, loin s'en faut, des apôtres de la justice et du droit - le mémorable Memories of murder de Bong Joon-ho raconte ainsi, en 2003, comment se fabrique une enquête à charge.

En attendant l'ouverture du Festival, voir et revoir des films devenus (déjà) des classiques du cinéma sud-coréen ouvrira une fenêtre sur une société en pleine mutation, du régime militaire à la démocratie, passée en une décennie du sous-développement à la prospérité, aujourd'hui sous la coupe d'un retour vers les années de plomb de l'ère des généraux.

Source : site du Festival international du film policier de Beaune (lien vers l'article d'Yves Montmayeur, en format PDF) http://www.beaunefestivalpolicier.com/2014/index.php?lang=fr


S'agissant des menaces actuelles sur la démocratie en Corée du Sud :
http://www.amitiefrancecoree.org/2014/12/interdiction-du-parti-progressiste-unifie-la-democratie-sud-coreenne-poursuit-sa-descente-aux-enfers.html
 

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 22:42

Le cinéma Devosge, à Dijon, renoue avec le cinéma coréen, en proposant depuis le 5 novembre 2014 A girl at my door - premier long métrage de la réalisatrice July Jung, diffusé lors du dernier festival de Cannes (sélection "Un certain regard"). Un drame puissant, qui éclaire d'une lumière crue la société sud-coréenne, avec l'actrice Bae Doona dans le rôle principal de la commissaire Yeong-nam.

a-girl-at-my-door_july-jung_affiche_aafc.jpg


Yeong-nam, jeune commissaire de Séoul, est mutée dans un village, où elle rencontre une jeune fille dont le comportement l'intrigue. Cette dernière se réfugie chez la jeune femme, une nuit…
Derrière la simplicité apparente du synopsis, July Jung s'inscrit dans la veine des grands réalisateurs coréens par ses portraits psychologiques fouillés, qui donnent à voir une société marquée par des rapports sociaux âpres, et dans laquelle la jeune commissaire fait irruption.

La campagne, où ne vit plus qu'un peu plus de 10 % de la population sud-coréenne, est traditionnellement perçue de manière négative par l'intelligentsia urbaine, et l'avoir choisie comme cadre est d'autant plus une gageure que July Jung évite les attitudes moralisatrices, quel que soit l'idéalisme qui anime par ailleurs Yeong-nam.

Les thématiques sociales se déclinent au fil du récit - l'autorité, les rapports familiaux, l'exploitation économique, l'homosexualité. Par bien des aspects, "A girl at my door" dégage une puissance esthétique qui en fait un film rare.

Voir également :
 

- le site du cinéma Devosge http://www.cinedevosge.fr/films-a-l-affiche/

- la fiche du film sur le site Allo Ciné http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=228424.html

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