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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 00:04

Le cinéma Bel Air à Mulhouse propose le dernier film de Kim Ki-duk, sorti en Corée du Sud en 2016, Entre deux rives, récit poignant d'un pêcheur nord-coréen échoué en Corée du Sud. Nous reproduisons ci-après la fiche du film publiée sur le site du cinéma Bel Air, reprise de l'hebdomadaire Télérama.

 

ENTRE DEUX RIVES

 

De Kim Ki-duk

Avec Ryoo Seung-bum, Lee Won-geun, Young-Min Kim

Drame – Corée du Sud – VOST – 2017 – 1h54

 

Sur les eaux d'un lac marquant la frontière entre les deux Corées, l'hélice du bateau d’un modeste pêcheur nord-coréen se retrouve coincée dans un filet. Il n’a pas d’autre choix que de se laisser dériver vers les eaux sud-coréennes, où la police aux frontières l’arrête pour espionnage. Il va devoir lutter pour retrouver sa famille...

Ulysse-sourire.pngLe Lion d'or obtenu en 2012 pour son pénible Pieta n'a guère porté chance au Coréen Kim Ki-duk : ses trois films suivants n'ont pas été distribués en France. Le quatrième, lui, sort cette semaine dans une cinquantaine de salles, dix mois après sa présentation hors compétition à la Mostra de Venise. C'est mérité : en abordant, pour la première fois de manière directe, le sujet ultrasensible de la partition du pays, le réalisateur redonne à son cinéma une efficacité et une vigueur politique bienvenues. Avec un symbolisme moins appuyé que d'habitude.
Nam Chul-woo est un modeste pêcheur nord-coréen. Un matin, alors qu'il relève ses filets sur le lac frontière avec la Corée du Sud, son bateau tombe en panne. Le courant le fait dériver vers les eaux de l'ennemi. Il est aussitôt arrêté et conduit à Séoul. Pour l'enquêteur chargé de son cas, tous les Nord-Coréens sont des espions en puissance. Le chef du renseignement est, lui, prêt à croire en l'innocence du prisonnier. Sans comprendre pourquoi il s'obstine à vouloir rentrer chez lui : comment peut-on préférer la dictature et les pénuries à la liberté et à la société de consommation ? Mais Nam Chul-woo se moque de la politique, il veut retrouver sa famille.
Entre deux rives renvoie dos à dos les autorités des deux Corées avec un humour parfois très noir. Les interrogatoires pratiqués dans la démocratie libérale du Sud ressemblent beaucoup à ceux du Nord communiste. Le parallèle vaut aussi pour les méthodes de manipulation de l'opinion... De chaque côté, le pauvre pêcheur subit le même cauchemar kafkaïen : il est considéré comme suspect quoi qu'il fasse, avant d'être instrumentalisé par la propagande. Un vrai héros de tragédie, que l'interprétation habitée de Ryoo Seung-bum rend très émouvant. — Télérama

Sortie nationale

Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement : Certaines scènes sont susceptibles de heurter la sensibilité du public 

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 13:44

Le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook était l'invité du neuvième Festival du film policier de Beaune, qui a fermé ses portes le 2 avril 2017. A cette occasion, Park Chan-wook a donné plusieurs entretiens au quotidien régional Le Bien Public. Nous y revenons.

Les confidences de Park Chan-wook, invité au Festival de Beaune

Le cinéma coréen contemporain aime mélanger les genres. De fait, Park Chan-wook assume ce cocktail de styles et d'influences, en usant de métaphores culinaires :

Lors d’un repas gastronomique, chaque plat est accompagné d’un vin pour être mis en valeur. J’utilise l’humour de la même manière : pour mettre en exergue la dimension tragique.

Park Chan-wook a en projet des films très différents de son registre habituel : du western... à la science-fiction.

J’ai beaucoup de rêves encore, comme celui de réaliser un grand western sur le mythe de la création de la nation américaine. La science-fiction, un bon film d’espionnage, les films musicaux à la Jacques Demy… La liste est trop longue.

L'écrivain Emile Zola, dont Thérèse Raquin a inspiré son film Thirst, ceci est mon sang, est une source d'inspiration pour le cinéaste, qui apprécie la richesse des portraits humains dressés par le romancier français :

On me pose souvent cette question car mon film Thirst est inspiré du livre Thérèse Raquin , mais j’en aime beaucoup d’autres. Zola excelle dans la description de l’aspect sombre de la nature humaine. C’est un observateur qui dissèque le cœur humain, mais sans jugement, sans haine, avec neutralité et beaucoup d’honnêteté dans la démarche. Je suis persuadé qu’il serait devenu un cinéaste s’il était né cinquante ans plus tard. Son univers est très cinématographique. S’il était né encore plus tard, il aurait même réalisé des séries télévisées, des vraies sagas. La Bête humaine est une œuvre parfaite pour une série au long cours.

De fait, le style du feuilleton pour la publication des romans français induit la comparaison pertinente avec le feuilleton télévisé contemporain (quand les Coréens, dans le domaine littéraire, ont développé pour leur part la forme du roman fleuve).

Revenant sur l'histoire tragique des Coréens, il dit avoir été inspiré par les luttes étudiantes - auxquelles n'ont par ailleurs pris part qu'une avant-garde engagée, pour justifier la place qu'occupe la violence non seulement dans ses films, mais plus généralement dans le cinéma coréen :

La violence vient d’une expérience personnelle de la terreur, que j’ai connue lorsque j’étais étudiant en classe de Terminale. À l’époque, la Corée était une dictature militaire. Les affrontements entre les étudiants manifestants et l’armée étaient d’une violence terrible. Et cela se passait en plein jour, à la vue de tous. Les jeunes faisaient face, bras dessus bras dessous, mais ils étaient morts de trouille car ils s’opposaient à des policiers armés jusqu’aux dents. Je tiens à préciser que je n’étais pas en première ligne. Je fuyais quand cela devenait trop violent. Mais 99 % des étudiants manifestaient à l’époque.

Revenant également sur son attrait pour la France, il met en exergue le caractère universel de la Révolution française et les valeurs qu'elle a portées :

J’ai une grande admiration pour la France, car c’est le pays de la Révolution. Au cours de ce processus, les Français ont établi une sorte d’échelle de valeurs morales qui sont, encore aujourd’hui, d’actualité. C’est comme si le monde entier avait une dette envers la France.

Lire l'intégralité des propos donnés par Park Chan-wook au Bien Public :

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 23:16

Dans le cadre de sa neuvième édition qui se tiendra à Beaune du 29 mars au 2 avril 2017, le Festival international du film policier rendra hommage au réalisateur coréen Park Chan-wook, en projetant sept de ses films. Nous reproduisons ci-après l'article publié par le quotidien Le Bien Public, dans son édition de Beaune du 24 mars 2017, intitulé "Hommage au cinéaste coréen Park Chan-wook".

Park Chan-wook (photo d'Adam Cook pour "Le Bien Public")

Park Chan-wook (photo d'Adam Cook pour "Le Bien Public")

L’an dernier, le Festival du film policier avait rendu hommage au grand Brian de Palma. Difficile de passer après le maître… Et pourtant, en invitant Park Chan-wook pour le mettre en lumière ainsi que son œuvre, les organisateurs ont fait preuve d’un choix judicieux. Né en Corée du Sud, où il a étudié la philosophie, Park Chan-wook peut se targuer d’une carrière cinématographique jalonnée de succès, depuis son long-métrage Joint Security Area qui a battu tous les records d’entrées en Corée du Sud en 2000 jusqu’à son dernier film Mademoiselle, sélectionné en compétition au Festival de Cannes 2016, et dont la sortie en salles en novembre 2016 a permis au réalisateur d’obtenir son plus gros succès au box-office français, et parmi les meilleurs chiffres du cinéma coréen en France.

Park Chan-wook est un habitué des festivals de cinéma où il a remporté de nombreux prix, à Deauville, Berlin ou Venise ; quant à celui de Cannes, il y a précédemment gagné le Grand Prix en 2004 pour Old Boy , et le Prix du jury en 2009 pour Thirst, ceci est mon sang.

À l’occasion de sa venue exceptionnelle à Beaune, le Festival international du film policier présentera sept films emblématiques de Park Chan-wook : Joint Security Area (2000), Sympathy for Mr. Vengeance (2002), Old Boy (2003), Lady Vengeance (2005), Thirst, ceci est mon sang (2009), Stoker (2013), Mademoiselle (2016).

Pratique Un hommage sera rendu en sa présence le vendredi 30 mars. Il assurera une leçon de cinéma le samedi 1er avril à 14 h 30. Entrée libre dans la limite des places disponibles

http://www.bienpublic.com/edition-cote-de-beaune/2017/03/24/selection-serree-pour-le-festival-du-film-policier

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 19:11

Dans notre édition du 24 novembre 2016, nous annoncions la projection en avant-première au Festival du film de Belfort, du long métrage de Jero Yun, Madame B. Histoire d'une Nord-Coréenne - dont l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) est par ailleurs partenaire. Nous rendons compte ci-après de la projection de non pas un, mais deux films coréens - puisque était également à l'affiche The Bacchus Lady de Lee Je-yong -  lors de l'édition 2017 du Festival - grâce à une adhérente de l'AAFC qui était présente.

Aperçus coréens : retour sur l'édition 2017 du festival du film de Belfort

Deux films coréens 2016 :

Jug-Yeo-Ju-Neun Yeoja The Bacchus lady de Lee Je-yong

et Madame B, histoire d’une Nord-Coréenne de Jero Yun

ou les Occidentaux à la découverte des pays dits du « Sud ».

Le cinéma, s’il est un magnifique vecteur d’exploration, facilite, ici, les passages entre l’Occident convoité et la détresse surtout matérielle du reste du monde (ou presque) face aux richesses de conforts acquises avec la première révolution industrielle.

Ce qu’il y a d’intéressant et surprenant dans ces films est l’attachement passionné des réalisateurs à une autre réalité coréenne « absurde ».

Dépassant largement le type documentaire dans lesquels ces deux films devraient être placés, leur objet dramatique est traité dans l’un et l’autre films avec légèreté voire tendresse et humour, avec une note esthétique supplémentaire pour le réalisateur de Madame B.

Madame B mâchant son chewing-gum est signée, elle n’a peur de rien…

La volatilité de l’insécurité qui tient lieu de scénario en la personne de Madame B. décoiffe. Sa vitalité contre la misère, qu’elle a imposée au réalisateur Jero Yun, crève l’écran, balayant tous les comportements ancrés avec les sociétés traditionnelles depuis des millénaires. Comme la végétation qui reprend ses droits, perçant murs et sols bétonnés, Madame B gagnera comme The Bacchus lady triomphant des « morts » avec tendresse pour l’une mais surtout détermination pour Madame B. Deux destins de femmes exceptionnelles, malgré tout.

Jug-Yeo-Ju-Neun Yeoja The Bacchus lady de Lee Je-yong

Interprètes : Youn Yuh-jung, Chon Moo-song, Yoon Kye-sang, An A-zu, Choi Hyun-jun

Productions : FAKAI Korean Academy of Film Arts Moonkle Pictures ACS Distribution
- DCP, Couleur, 110 mn, v.o. coréen, tagalog et anglais s.t.f.

 

 

Festival de Berlin 2016

So-young, 65 ans, est contrainte de gagner sa vie en se prostituant mais pas seulement. Elle est une « dame Bacchus », qui approche les clients avec une bouteille de Bacchus, boisson énergisante populaire coréenne, et l'expression « voulez-vous un verre ? ». Une aventure humaine à Séoul.

Madame B, histoire d’une Nord-Coreenne
de Jero Yun

Programmation ACID
Cannes 2016

France, Corée du Sud - 2016 - 1h11 min -
Sortie : 22 février 2017

Sélections et prix :
* Festival International de Moscou - Meilleur Documentaire
* Festival de Zurich- Meilleur Documentaire
* Festival de Jeonju, Corée
* Les Rendez-vous de l'Histoire, Blois
* Les rencontres du cinéma documentaire, Montreuil

* Doc Corsica, Ajaccio
* Les escales documentaires, La Rochelle
* Entrevues Belfort
* RIDM, Montréal

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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 14:01

Les récits sur les réfugiés nord-coréens - qu'ils prennent la forme d'un livre ou d'un film - obéissent souvent au même schéma narratif : l'enfer en Corée du Nord, le purgatoire en Chine, la liberté en Corée du Sud. Cette trame caricaturale est le fruit, notamment, d'une lourde intervention des services secrets sud-coréens, ainsi que de multiples acteurs qui y trouvent leur intérêt (certaines églises, des activistes d'extrême-droite liés au capital sud-coréen et qui utilisent les réfugiés comme briseurs de grèves), afin de valider le politiquement correct, en n'hésitant pas, le cas échéant, à travestir la réalité. Dans ce contexte, avoir des témoignages honnêtes, sans parti pris, est un défi qu'a relevé avec succès le film documentaire (1h11) de Jero Yun Madame B, histoire d'une Nord-Coréenne, qui sera montré aux 31e Entrevues  de Belfort / Festival international du film, qui se déroulera du 26 novembre au 4 décembre 2016.

"Madame B, histoire d'une Nord-Coréenne" : un film émouvant de Jero Yun au Festival international du film de Belfort

Comme beaucoup d'autres Nord-Coréens, Madame B. a quitté son pays, la République populaire démocratique de Corée, dans le contexte de la sévère pénurie alimentaire qui a le plus durement frappé la RPDC entre 1992 et 1998. Elle est sortie clandestinement, a été vendue à un paysan chinois avant de devenir passeuse à son tour. Pour retrouver à tout prix ses enfants elle est allée en Corée du Sud.

Son témoignage émouvant, dépouillé du sensationnel des grands médias, entrant en conflit avec la vision formatée des services secrets sud-coréens (qui n'ont pas aimé le film), a été mis en images par Jero Yun, et sortira en film en février 2017. Le Festival international du film de Belfort propose une avant-première le 2 décembre à 18h30, et sera suivie d'une rencontre avec un représentant de l'Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (ACID), Elisabeth Perlié (distributrice) et Marie-Pierre Brétas (Hautes Terres), réalisatrice membre de l'ACID.

Jero Yun a eu de nombreuses difficultés pour rencontrer des Nord-Coréens, avant de décider d'aller à la rencontre des réfugiés là où ils sont le plus nombreux, en Chine. Son film documentaire, produit par Zorba Productions, est criant de vérité et de justesse, et doit être vu pour tous ceux qui veulent comprendre le choix douloureux fait par les réfugiés nord-coréens, loin des clichés et des discours instrumentalisés.

Source :

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 17:52

Le cinéma d'art et d'essai dijonnais Eldorado propose à l'affiche cette semaine un long-métrage coréen qui touche au sublime : thriller psychologique teinté d'érotisme, Mademoiselle de Park Chan-wook adapte le roman Du bout des doigts (Fingersmith) de la Galloise Sarah Waters,  qui se situe à l'époque victorienne, dans le contexte de la colonisation japonaise de la Corée, en développant des portraits hallucinants au sein d'une relation triangulaire entre la servante, sa patronne ("Mademoiselle") et des escrocs. Un film à découvrir absolument.

"Mademoiselle" de Park Chan-wook au cinéma Eldorado

C'est l'histoire d'un film retenu pour la Palme d'or au Festival de Cannes mais qui n'entre pas dans les catégories que prime le jury, jouant avbec brio du mélange des styles. Park Chan-wook aborde aussi des thématiques politiques et féministes qui expriment, de l'aveu même du réalisateur, un sentiment de culpabilité de n'avoir pas participé aux combats pour la démocratisation de la Corée du Sud dans les années 1980.

Plus que les avis de critiques, ce commentaire d'un spectateur laissé sur Agoravox témoigne de la réussite esthétique et psychologique qu'atteint Mademoiselle :

Le scénario est complexe et peut perturber le spectateur avec cette narration en 3 parties suivant le regard de la servante et celui de "Mademoiselle".

Mais comment ne pas se laisser porter par ce drame romanesque qui allie à la perfection de nombreux styles, du thriller à l'érotisme, tout cela dans des décors et des images absolument sublimes.

"Mademoiselle" bouleverse les sens du spectateur par son esthétisme, son érotisme et son exotisme. C'est un véritable choc émotionnel à tout point de vue.

Après avoir visionné ce film je ne savais plus si je sortais d'une salle de cinéma ou bien si je venais de me réveiller après avoir fait un rêve des plus troublants.

Horaires au cinéma Eldorado du 2 au 8 novembre :

Mer, Sam: 11h30 | 20h00
Jeu: 11h30 | 15h30
Ven, Mar: 15h30 | 21h45
Dim: 17h50 | 20h00
Lun: 15h30 | 20h00

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 20:31

Le cinéma indépendant dijonnais Eldorado renoue avec la filmographie coréenne : est actuellement à l'affiche Strangers de Na Hong-jin. Nous reproduisons ci-après la présentation du film par l'équipe de l'Eldorado.

"The strangers" de Na Hong-jin au cinéma Eldorado

On avait beaucoup aimé Chaser, le premier long de Na Hong-jin, à base de tueur en série et de marteau. Avec The Strangers, le cinéaste n’a rien perdu en férocité mais a considérablement progressé au chapitre mise en scène, distillant habilement ses effets horrifiques mais surtout en variant les ruptures de rythme et en usant fréquemment d’humour dans des moments inattendus.
L’affaire commence un matin d’averse dans un village de montagne qui découvre qu’un meurtre épouvantable vient d’être commis par un des habitants. L’assassin aux yeux révulsés, en état de quasi catatonie, est inapte à tout interrogatoire et, au passage, recouvert d’une vilaine maladie de peau qui n’a rien de très naturel. L’un des policiers qui participe à l’enquête est convaincu que le village tout entier est la proie d’une malédiction poussant ses habitants à assassiner leur famille. Il faut dire que la fréquence des meurtres s’accélère, que de bien étranges créatures peuplent les forêts alentours et que lui-même est bientôt victime la désignée de la malédiction.
Il serait vain de tenter de raconter les péripéties de ce récit dense, impliquant de nombreux personnages secondaires. Pour autant, Na Hong-jin a eu l’intuition de confier le premier rôle à un pur antihéros : un flic débonnaire et un peu bedonnant, pas très courageux, naïf et donc, d’une vulnérabilité contagieuse pour les spectateurs. Alors, lorsque entrent en piste un vieil ermite japonais soupçonné de commander aux forces occultes, de paisibles artisans soudainement métamorphosés en tueurs sanguinaires, des êtres fantomatiques ou encore une gamine espiègle qui prend l’apparence d’une créature démoniaque, notre héros est vite dépassé par les événements. Dans ce contexte traditionnel de la Corée rurale, le cinéaste sait jouer des influences occidentales, on pense notamment au Shining de Kubrick ou à L’exorciste de Friedkin.

Film sud-coréen de Na Hong-jin (2016) 2h36, VOST.
Avec Kwak Do-Won, Hwang Jeong-min, Chun Woo-hee.


Horaires du 6 au 12 juillet
Mer, Sam, Lun, Mar: 15h15 | 21h00 Jeu, Ven, Dim: 13h00 | 17h00

 

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 20:48

Man on High Heels a reçu un triomphe au 8e Festival international du film policier de Beaune : le film de Jang Jin, qui sortira bientôt en France, a fait coup double en remportant, ce 2 avril 2016, le Grand prix du jury et le prix de la Critique.

Festival du film policier : Jang Jin triomphe avec "Man on high Heels"

Présidente du jury du festival, Sandrine Bonnaire a été transportée par le film :

Le film est ludique, fantastique. Il y a du rythme, de l’action. ll est riche, il est fou.

Le brio du film tient beaucoup au jeu de l'acteur principal Cha Seung-won, aussi à l'aise comme policier reconnu dans les homicides qu'en transsexuel. Comme l'observe Caroline Vié pour 20 minutes,

Réflexion sur le genre, comédie et film d’action, Man on High Heels a passionné tant pour sa thématique LGBT que pour des scènes d’action démentes, véritables ballets sanglants et brutaux. Ce polar transgenre ne ressemble à aucun autre !

Le film sortira dans les salles en France le 13 juillet prochain.

Sources :

 

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 21:17

En mars 2015, la septième édition du Festival international du film policier, qui se tient chaque année à Beaune, mettait à l'honneur la Corée. Pour la 8e édition du festival, du 30 mars au 3 avril 2016, un film coréen est à nouveau en compétition : Man on High Heels de Jang Jin.

"Man on High Heels" de Jang Jin au 8e Festival international du film policier de Beaune

Le film noir de Jang Jin Man on High Heels dépasse les seuls attendus du genre, autour d'une thématique de vengeance, mettant en avant un détective réputé spécialiste des homicides, Cha Seung-won, pour aborder la question des transgenres, à travers le personnage principal, dans un pays où les minorités sexuelles ne sont toujours pas acceptées par de larges pans de la société - nombre d'églises évangélistes en tête.

Avec ce nouveau film, le réalisateur émérite Jang Jin s'inscrit avec talent dans la tradition de la fimographie sud-coréenne qui dépeint avec réalisme la société contemporaine, sur la base de portraits d'une portée universelle.

Source :

 

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 21:31

Créé en 1986 à l'initiative de Janine Bazin, le festival international de cinéma EntreVues Belfort promeut le jeune cinéma indépendant en ayant aidé au lancement de jeunes cinéastes français et étrangers, primés lors de la compétition internationale qui distingue les fictions, les documentaires, les longs et les courts métrages. Les organisateurs fournissent des aides post-productions. Les rétrospectives mettent par ailleurs en valeur des auteurs reconnus. Pour la trentième édition, du 28 novembre au 6 décembre 2015, un des réalisateurs sud-coréens les plus connus, Bong Joon-ho, occupe le haut de l'affiche.

L'intégrale de Bong Joon-ho aux 30e EntreVues de Belfort

Pour la première fois en France, une intégrale sera consacrée à Bong Joon-ho, dans le cadre du festival international de cinéma de Belfort, avec onze films réalisés entre 1994 et 2013, depuis le court métrage White Man (18 minutes) jusqu'à Snowpiercer, Le transperceneige. Les 30e EntreVues seront notamment l'occasion de découvrir son premier long métrage (2000), Barking Dogs Never Bite, jamais diffusé en salles en France.

Après le captivant Memories of Murder (2003), plongée dans les tréfonds de la police coréenne, Bong Joon-ho est aussi l'auteur du magistral thriller fantastique The Host - dans lequel une créature monstrueuse naît de l'incurie de l'armée américaine, qui a rejeté des produits toxiques dans le fleuve Han qui traverse Séoul.

Auteur du catalogue de la rétrospective, Jean-Sébastien Chauvin souligne la virtuosité de Bong Joon-ho à traiter les différents genres :

 

Dès Memories of Murder, Bong Joon-ho va se servir des genres populaires comme d’un écrin à l’intérieur duquel il laissera libre cours à ses obsessions. Ainsi le burlesque, le thriller, le mélodrame, la science-fiction ou le film de monstres permettent au cinéaste de renouer avec les plaisirs primitifs du spectacle qui assureront systématiquement à ses films d’immenses succès au box-office sud-coréen. Le goût du sang et de la cruauté, la sentimentalité, le sens de la justice et du décorum, le plaisir du burlesque, du rire physique, brutal et grossier (autant d’archétypes de satisfaction des premiers spectateurs de cinéma définis par le critique d’art Erwin Panovsky), on les retrouve en effet dans la plupart de ses films, qui partagent avec ceux de Steven Spielberg (auquel on songe dans The Host) une manière innée de communiquer avec le public.

http://www.festival-entrevues.com/fr/retrospectives/2015/integrale-bong-joon-ho

Extrait de "The Host"

Extrait de "The Host"

Principale source :

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