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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 19:13

Internet Archive est une bibliothèque en ligne reproduisant de nombreux documents d'archives. Parmi ceux-ci, nous avons choisi de présenter des extraits d'un article publié dans le numéro 874 (12 août 1977) de la revue Liberation News Service (de sensibilité nouvelle gauche, très en pointe dans le combat antimilitariste), consacré à Andrew Park : agent de la sinistre Korean Central Intelligence Agency (KCIA), l'agence de renseignement sud-coréenne, il a fait défection avec sa famille aux Etats-Unis, où il a dénoncé les méthodes brutales de la KCIA. Son entretien en 1977 intervenait peu après le déclenchement en 1976 du Koreagate, un scandale impliquant la corruption par la KCIA de membres du Congrès américain pour y créer un lobby pro-sud-coréen fermant les yeux sur les atteintes massives aux droits de l'homme par la junte militaire de Séoul et plaidant pour le maintien des troupes américaines en Corée du Sud. La citation de l'article ci-après a été traduite de l'anglais par nos soins.

Dans "Internet Archive" : l'histoire d'Andrew Park, Coréen Américain ayant quitté et dénoncé la KCIA

Andrew Park, qui a travaillé pendant dix ans pour la KCIA de 1962 à 1972 avec un grade équivalent à colonel, a détaillé pour Liberation News Service (LNS) les méthodes employées pour contrôler la presse et intimider les journalistes, ses activités ayant porté sur le contrôle des médias sud-coréens. Des cibles privilégiées avaient ainsi été les journalistes sud-coréens ayant couvert les discussions entre les Croix-Rouge des deux Corée, à la suite du communiqué conjoint Nord-Sud du 4 juillet 1972 : il s'agissait de les empêcher de publier toute information pouvant présenter la Corée du Nord sous un jour favorable.

Par ailleurs, les méthodes de contrôle de l'opinion incluaient également d'altérer lourdement les propos des responsables politiques américains et la création, tous les ans en avril, d'un cas d'espionnage pro-Corée du Nord pour maintenir le régime répressif. La corruption était systématique - sous la forme d'argent (toujours en espèces) et de faveurs sexuelles offertes par de jeunes et jolies Coréennes.

Le contrôle des journalistes est ainsi décrit par Andrew Park, suivant le compte rendu qu'en a donné LNS :

Si la première étape [la corruption] échouait, le journaliste était normalement invité dans les locaux de la KCIA, a continué d'expliquer Park. Il recevait un très bon accueil, et était interrogé de manière indirecte, mais pas menacé, pour essayer de la faire changer [d'opinion]. Si cela ne marchait pas nous demandions à son encadrement de le menacer de le décharger de ses fonctions. Normalement, à ce stade tout le monde s'exécutait. Park poursuivit ses explications : "Mais nous pouvions aussi le faire écouter d'autres types en train d'être torturés et le menacer en même temps. Nous lui faisions alors signer une déclaration que nous avions préparée, en deux points : d'abord, à l'avenir je soutiendrai complètement le programme du gouvernement. Le second point était qu'il ne révèlerait pas comment il avait été traité ou quoi que ce soit lié à [mot non lisible]. La KCIA estimait que c'était une façon très efficace de procéder".

Andrew Park a tenu à préciser qu'à sa connaissance il n'y avait jamais eu réellement d'activités "pro-Nord" de journalistes sud-coréens. Une compétition s'instaurait entre les agents de renseignement pour rivaliser d'ardeur répressive.

Compte tenu de ses convictions catholiques, Andrew Park a été progressivement dégoûté par son travail et a décidé de faire défection puis de militer pour les droits de l'homme en Corée du Sud. Dans son interview en 1977, il en appelait au Président Jimmy Carter, un des rares chefs d'Etat américains à avoir effectivement publiquement dénoncé les violations des droits de l'homme en Corée du Sud. Andrew Park n'a pas voulu de donner de détails sur les pratiques de torture, mais a simplement indiqué que celles-ci n'avaient "pas de limites".

Lorsqu'il a été interrogé par LNS, l'ancien agent de la KCIA vivait alors tranquillement en Nouvelle -Angleterre, comme inspecteur de la qualité dans une usine.

Un certain Andrew Kisik Park, vivant à Boston, est aujourd'hui encore actif dans les mouvements pour les droits de l'homme en Corée du Sud. Selon toute vraisemblance, il s'agit d'Andrew Park interrogé par Liberation News Service en 1977, alias Park Kisik, ancien agent de la KCIA ayant fondé, aux Etats-Unis, le Congrès pour la réunification de la Corée.

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